11 juin 2005

Le Bœuf vu par Maurice Sachs

24/02/1920
" […] on s’est prodigieusement amusé à la Comédie des Champs-Élysées, où Cocteau, Milhaud et Massine ont donné Le Bœuf sur le toit. Le spectacle a été monté par le comte Etienne de Beaumont à qui déjà l’on devait d’avoir pu voir Parade dont il s’était occupé avec Diaghilew. C’est une farce, une vraie farce, que les Fratellini ont mimé à merveille. « Le Bœuf sur le Toit, écrit Cocteau, est l’enseigne du bar où se déroule notre scène. N’y cherchez pas plus de sens que dans les enseignes du Chien qui fume, ou du Cheval borgne, c’était le titre d’une maxime très populaire au Brésil… Une farce américaine faite par un Parisien qui n’a jamais été en Amérique… Le Bœuf sur le toit est un merveilleux exemple de la musique nouvelle qui arrive après la musique à l’estompe : la musique à l’emporte-pièce. » La grande drôlerie de la soirée, après les énormes têtes qu’on avait posées sur les cous des mimes, était dans la salle. « C’est du cubisme », disait-on. […] Ce qu’il y a de significatif, c’est que voici le premier spectacle de la saison qui ait paru supérieur à un film ; car il est déjà évident qu’un film de Charlie Chaplin, de Fatty même, sont infiniment supérieurs à tout notre théâtre de boulevard, auquel il n’est vraiment plus aucune raison d’aller." Maurice Sachs

Compendium Dada

Fin 1921, le mouvement Dada parisien brûle ses dernières cartouches. Au Bœuf sur le Toit, l’agitation continue, on y croise le Tout-Paris des arts et lettres : peintres, poètes, compositeurs, écrivains, stylistes, escrocs, galeristes, éditeurs, danseuses, comédiens … la liste est longue, qui fréquenta, assidûment ou occasionnellement, le dancing-bar de la rue Boissy d’Anglas. Ces pages seraient, idéalement, l’écho de mes recherches concernant cette soixantaine de signataires de L’Œil Cacodylate de Francis Picabia. Si Jean Cocteau, Francis Poulenc et Marcel Duchamp ont laissé des entrées dans les dictionnaires, qui furent en revanche Magdalena Tagliaferro, Jacques Povolozky ou encore Roscoe "Fatty" Arbuckle ? Dans le Paris des années 20, le mouvement Dada amuse, intrigue ou exaspère. Mais il n’est pas l’unique manifestation de la modernité en marche. Vos commentaires à : fabrice.lefaix@voila.fr

09 juin 2005

Ils ont tous signé

Céline Arnauld, Emmanuel d’Astier de la Vigerie, Georges Auric, René Blum, Renata Borgatti, Marguerite Buffet, Gabrielle Buffet, Georges Casella, Serge Charchoune, Marthe Chenal, Léo Claretie, Jean Cocteau, Michel Corlin, Jean Crotti, Paul Dermée, Roland Dorgelès, Marcel Duchamp, Suzanne Duchamp, Isadora Duncan, Germaine Everling, Marcelle Evrard, Roscoe "Fatty" Arbuckle, Albert Fratellini, François Fratellini, Paul Fratellini, Marie de la Hire, François Hugo, Jean Hugo, Valentine Hugo, Jean Hussar, Hélène Jourdan-Morhange, Pierre Lalo, Madge Lipton, Alice Malançon, Man Ray, Pierre de Massot, Yves Moreau, Jean Metzinger, Darius Milhaud, Clément Pansaers, Benjamin Péret, Francis Picabia, Paul Poiret, Francis Poulenc, Jacques Povolozky, Georges Ribemont-Dessaignes, Jacques Rigaut, Hania Routchine, Thomas Salignac, Raphaël Schwarz, André Dunoyer de Segonzac, Magdalena Tagliaferro, Tristan Tzara, …de Vadec, Henri Valensi, Georges de Zayas …